Le COVID-19 : une menace existentielle pour les aéroports

La pandémie de COVID-19 devrait entraîner une baisse de 60% du trafic passagers et près de la moitié des revenus des aéroports dans le monde en 2020. Cela équivaut à 3,6 milliards de passagers en termes absolus.
Cette baisse drastique du nombre de passagers et l'annulation de pratiquement tous les vols se traduisent par une baisse des revenus. Les aéroports pourraient perdre environ 45% de leur chiffre d’affaires ou plus de 76 milliards de dollars d'ici la fin de cette année.


Les aéroports subiront des pertes de plusieurs milliards de dollars au premier semestre de 2020, mais il est désormais prévu que l'impact de COVID-19 s'étendra aussi à la seconde moitié de l’année. La plupart des experts de l'industrie du transport aérien conviennent que la reprise prendra entre 12 et 18 mois pour atteindre les niveaux de trafic d'avant la crise et que ceux-ci ne se concrétiseraient qu’en début 2022.


Rappelons qu’en temps normal, l’aéroport de Genève, par exemple, emploie plus de 1'100 collaborateurs et héberge 200 entreprises. Au total, la plateforme aéroportuaire compte ainsi près de 11'000 employés. En 2019, il a réalisé un bénéfice net de près de 85 millions de francs et génère une plus-value économique de plus de 4 milliards avec plus de 33'000 postes de travail induits. Chaque année, il a reversé la moitié de son bénéfice à l’État, bénéfice transformé en perte cette année.


Aujourd’hui, les aéroports prennent toutes les mesures possibles pour préserver leur stabilité financière. Bien qu’ils aient des coûts fixes élevés, ils doivent réduire les coûts variables au strict minimum en fermant une partie de leur infrastructure, en reportant des dépenses et en mettant des collaborateurs au chômage technique. Ces décisions difficiles ne sont pas prises à la légère mais sont nécessaires pour répondre à la crise.


La baisse drastique d'une telle ampleur vécue actuellement représente une menace existentielle, avec tous les effets collatéraux que cela engendre, puisque près d’une PME sur deux dans notre région dépend de bonnes connexions aériennes. Une réponse politique rapide, efficace et équitable des gouvernements fédéraux et cantonaux est nécessaire pour protéger ces milliers d'emplois, assurer les opérations essentielles (notamment les vols sanitaires) et donner aux aéroports les meilleures chances de traverser la tempête et d’être prêts lorsque la reprise se concrétisera.


Les aides gouvernementales aux acteurs du transport aérien seront ainsi doublement bénéfiques, puisqu’en permettant la reprise rapide des connexions internationales entre notre pays et le reste du monde, elles offriront les conditions cadres dont ont besoin toutes les PME exportatrices, qui souffrent particulièrement aujourd’hui, pour pouvoir reprendre la marche de leurs affaires au plus vite et offrir les emplois enfin retrouvés.


Philippe MEYER
philippe.meyer@premiairclassetv.com
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Commentaires

  • Il me semble évident que des aides étatiques seront débloquées pour garantir une survie des infrastructures et des opérateurs. La seule question ce sont le contreparties / modalités (nationalisation ? prise de capital ? prêt remboursable ?).

  • Nulle part, dans votre article, n'est mentionné que l'aviation a été l'un des principaux vecteurs de la pandémie.
    Il serait pourtant bon d'en tirer la leçon avant de quémander une aide de l'Etat pour " la reprise rapide des connexions internationales".

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