Les mystères du crash de l’Airbus A320 de Pakistan Airlines

Vendredi 22 mai en début d'après-midi, un Airbus A320 de PIA, en provenance de Lahore, s'est écrasé sur un quartier résidentiel, alors qu'il approchait de l'aéroport de Karachi. 97 des 99 personnes à bord, dont huit membres d'équipage, ont été tuées dans cet accident.

Une des deux boîtes noires de l'appareil a été retrouvée et transmise aux enquêteurs pakistanais. L'accident est survenu quelques jours seulement après que le pays a autorisé la reprise des vols commerciaux intérieurs, suspendus pendant plus d'un mois pour lutter contre la propagation du coronavirus. Selon le ministre de l'aviation pakistanais, le pilote était expérimenté. L'appareil, quant à lui, avait été mis en service en 2004 et volait sous les couleurs de PIA depuis 2014.

A la nouvelle de cet accident, les commentateurs ont trop rapidement accusé la maintenance de l’avion. En effet, on imagine aisément une mauvaise procédure de sortie de stockage après plusieurs mois d’arrêts… Mais les différents éléments d’enquête permettent désormais plutôt de s’orienter vers l’hypothèse d’un accident dû à une erreur humaine.

Rétrospective des événements :
– environ 1 heure après son décollage de Lahore, l’avion se présente à l’approche de l’aéroport de Karachi à une altitude 3 fois plus élevée que l’altitude requise à cette phase de vol,
– les pilotes effectuent une approche à vitesse et à taux de descente beaucoup trop élevés,
– les pilotes n’annoncent aucun problème technique,
– il n’est procédé à aucune remise de gaz malgré les rappels de la tour de contrôle,
– les pilotes ne sortent pas les trains d’atterrissage (on entend l’alarme dans le cockpit dans les échanges avec la tour),
– la tour ne vérifie pas cette action,
– l’avion touche la piste et frotte le sol avec ses nacelles moteurs (élément confirmé par les marques sous les nacelles moteurs visibles sur la photo en titre),
– les pilotes remettent les gaz,
– l’avion redécolle dans l’axe mais subit une double panne moteurs (confirmée par la sortie de la RAT et l’annonce des pilotes à la radio),
– l’avion est obligé de planer,
– la faible hauteur de l’avion ne lui permet pas de revenir sur la piste,
– l’avion entre en collision avec des immeubles dans un quartier d’habitation.

3 questions restent ainsi sans réponses :
1. Pourquoi les pilotes effectuent une approche à vitesse et à taux de descente si élevés alors qu’ils avaient assez de kérozène pour procéder à un réalignement à l’altitude correcte ?
2. Comment les pilotes ont-ils pu oublier de sortir les trains d’atterrissage alors que l’alarme retentissait dans le cockpit ?
3. Pourquoi la tour n’a-t-elle pas vérifier cette dernière action alors qu’elle en a le devoir ?

Les deux boîtes noires ont été retrouvées et seront analysées prochainement par le BEA. Elles permettront certainement de répondre en partie à ces questions. Mais il est très probable que des facteurs humains soient la cause de ce tragique accident.

Philippe MEYER
philippe.meyer@premiairclassetv.com
www.youtube.com/premiairclassetv

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Commentaires

  • La plupart des accidents d'A320 se sont produit lors de la dernière phase d'approche d'un atterrissage !

    Normalement certains défauts avait été apparemment résolus, il faudrait mieux connaitre l'historique cet appareil et de ses mises à jour. Pourtant PIA est une compagnie de bonne réputation, Je penche pour un passage de pilotage automatique vers des commandes manuelles retardés par un bug informatique, mais ça, la BEA qui a souvent menti, notamment avec le Germanwings, ne va pas admettre facilement qu'il s'agisse d'une erreur de conception de l'appareil en question, soit un modèle mis en service en 2004.

  • Puisque nous parlons de krachs aériens, il serait important de rappeler que des pièces d'entretiens et de rechanges sont contrefaites, principalement depuis l'Asie extrême orient, Chine, Vietnam et Corée du Nord. Ces contrefaçons imitent les pièces originales à la perfection, mais uniquement dans les apparences. Les emballages et les badges de contrôle sont parfaits, par contre lorsque l'on compare, même superficiellement une contrefaçon d'une pièce originale, il y a des différence évidentes, et si l'on radiographie ces contrefaçons, c'est là que l'on voit que ces pièces vont automatiquement poser des gros problèmes. Ils n'utilisent pas les mêmes alliages de métaux et la finition et la précision ne sont également pas au rendez-vous.

    Une pièces contrefaite coûte en 5 et 10 fois moins cher qu'une pièce d'origine !

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