Le CO2 de Pavlov

Intéressantes passes d’armes ces derniers temps dans la Julie, entre militants anti-aéroport qui, avouons-le, ont une fâcheuse tendance à recourir aux fake news, et partisans de notre aéroport.

J’observe que les militants les plus acharnés finissent par donner raison aux amis de Cointrin : certains parlementaires genevois à Berne, sensés défendre les intérêts de notre canton, prennent de grandes libertés avec les chiffres lorsqu’ils articulent ces fameux 20% des émissions de CO2 émis dans l’atmosphère par le transport aérien. Leurs propres amis le reconnaissent désormais. Le plus capé d’entre eux, l’inénarrable Mike Gérard, articule ainsi le chiffre de 10%, donnée encore hautement contestée par les spécialistes qui évaluent ces dernières à 3% !

Grâce à la Julie, les Genevois ont donc ainsi eu l’occasion d’affiner leur sens critique. Un mensonge répété ne finit heureusement pas toujours par devenir une vérité, même si Pavlov a encore de beaux jours devant lui !

Philippe MEYER
philippe.meyer@premiairclassetv.com
www.youtube.com/premiairclassetv

Lien permanent Catégories : Air du temps 5 commentaires

Commentaires

  • 3% des émissions globales, ce n'est pas rien. Si on ne prend que le transport (voiture, bateau, ...), c'est au-delà des 10%.
    Mais ma curiosité, serait de connaitre les émissions que pour Genève, et tout particulièrement les polluants qui menace la santé, sans parler des nuisance (bruits,...).
    Dans la pollution dangereuse pour l'homme (particules fines,...) à Genève, quel est la part de l'aviation ?

    Pour Genève, je m'inquiète plus pour la pollution dû au trafic aérien, type de pollution qui cause des décès prématurés, que pour le CO2.

  • Monsieur,
    Motus a composé un commentaire pertinent.
    En premier lieu, permettez-moi de regretter vivement cette attaque ad hominem l’égard de M. Mike Gerard, vice-président de l’ARAG (Association des Riverains de l’Aéroport de Genève) apprécié, largement soutenu par notre comité et d’autres associations, avec des compétences reconnues en matière informatique et aéronautique.
    En outre, les chiffres mentionnés concernant les émissions de CO2 en Suisse sont exacts, vous devriez consulter le rapport du DETEC et de l’OFAC, (cf. extrait) que vous devriez connaître comme pilote, le chiffre de 3% concerne les émissions mondiales de CO2 émises par le trafic aérien qui n’est qu’une estimation corroborée par aucune étude sérieuse.
    Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication DETEC
    Office fédéral de l’aviation civile OFAC Stratégie et politique aéronautique
    b) Comparaison basée sur l’inventaire des émissions de gaz à effet de serre de la Suisse (territoire suisse) (= 100 %)
    Les émissions de CO2 de l’ensemble des vols internationaux au départ de la Suisse correspondent à environ 10 % des émissions de CO2 relevées dans le cadre de l’inventaire des émissions de gaz à effet de serre pour le territoire suisse7. c) Comparaison basée sur la quantité de carburants et de combustibles fossiles vendue en Suisse (= 100%)
    Les émissions de CO2 de l’ensemble des vols internationaux au départ de la Suisse correspondent à environ 18 % des émissions de CO2 résultant de la consommation de carburants et de combustibles embarqués en Suisse7 (état 2017)
    En outre, considérer les riverains de l’aéroport comme des « anti-aéroport » est mensonger, je vous invite à consulter nos statuts sur notre site : « https://aragge.ch/wp-content/uploads/2018/05/ARAG_STATUTS.pdf »

    Alain Rosset
    Président de l’ARAG

  • Cher Monsieur,
    Il ne s’agit pas ici de commencer une bataille de chiffres. Je constate simplement que vous avanciez jusqu’à présent celui de 20% (part des émissions de CO2 produites par l’aviation). Voilà que vous êtes soudainement descendu à 10%. Veuillez noter que cela me réjouit car à ce rythme, d’ici quelques mois, vous me rejoindrez à 3%, (chiffre sorti du rapport du GIEC).
    A part cela, je vous rejoins sur les inévitables nuisances liées à la proximité d’un aéroport intercontinental. Raison pour laquelle je me suis toujours opposé à l’extension des vols de nuit et à une pénalisation plus lourde des exceptions dans ce domaine.

  • Cher Monsieur,

    En effet, une polémique concernant les émissions de CO2 diffusée par le trafic aérien peut devenir stérile.
    Je vous ferais simplement observer que M. Mike Gerard, dans sa lettre de lecteur, (cf. extrait) a bien mentionné les chiffres de 10% et 18% conformément au rapport du DETEC.

    ....CO2 de l’ensemble des vols internationaux au départ de la Suisse correspondent à environ 10% des émissions de CO2 relevées dans le cadre de l’inventaire des émissions de gaz à effet de serre pour le territoire suisse» et «à environ 18% des émissions de CO2 résultant de la consommation de carburants et de combustibles embarqués en Suisse»...

    Enfin, comme membre la CCLNTA, (Commission consultative...les PV sont publics) je dois relever l'écoute
    attentive des autorités aéroportuaires au sujet des nuisances liées au trafic aérien subies par les riverains
    dépassant ainsi les clivages, amplifiés par certains, entre pro- et anti- aéroport, qui est une vision binaire réductrice.

    Alain Rosset

  • Ces pourcentages sont en effet corrects si l'on estime que l'entier du carburant des avions décollant de Suisse est brûlé au-dessus de notre pays, ce qui n'est pas tout-à-fait le cas...

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