Genève Aéroport : disruption harmonieuse programmée

Les Genevois se sont prononcés en faveur de l’initiative 163 « Pour un pilotage démocratique de notre aéroport » en novembre 2019. Depuis, le Conseil d’Etat a consulté tous les acteurs concernés et s’apprête à proposer une loi d’application de cette initiative. Celle-ci est contestée par les initiants qui parlent de tromperie, qualifiant le projet de trop timide.

Mais pouvait-il en être autrement ? En effet, une initiative cantonale qui ne concerne presqu’exclusivement des compétences fédérales ne génère par définition que des frustrations. D’autant plus qu’à l’instar du vote sur la Cité de la musique sur laquelle n’ont pu se prononcer que les électeurs de la Ville de Genève, mais dont le sujet concernait un bassin de population plus vaste même que le Canton, l’initiative 163 avait en effet une portée au minimum romande et, pour obtenir un résultat pertinent, il eut fallu consulter tous les électeurs de Suisse romande sur ce sujet, (les principaux utilisateurs de Genève Aéroport depuis plusieurs années n’étant ainsi plus les Genevois mais les Vaudois).

Il n’empêche, le problème des nuisances sonores soulevé par les riverains et constituant la pierre d’achoppement à l’origine de cette initiative est légitime et mérite d’être traité sérieusement. Or, la combinaison d’un élément conjoncturel et d’un élément technologique majeurs est porteuse d’une double nouvelle rassurante pour les riverains.

Tout d’abord, la pandémie a ravagé le secteur aéronautique. Elle a créé la pire crise de son histoire. Il lui faudra du temps pour s’en remettre. Ainsi, tous les indicateurs prédisent que le trafic aérien ne retrouvera pas ses niveaux de 2019 avant au moins 5 ans. Cela signifie également que les projections entendues qui tablaient sur 25 millions de passagers à Genève Aéroport dans une dizaine d’années (ou 1 décollage et atterrissage toutes les 3 minutes comme aimaient à le souligner les initiants), ne sont plus du tout d’actualité.

Mais dans 5 ans alors, me direz-vous ? On repart comme en 40 ? Non. Car c’est justement à ce moment-là, en 2026, qu’entreront en service pour des vols commerciaux les premiers avions électriques court-courriers. Et ces avions, à l’instar de leurs équivalents automobiles, sont particulièrement silencieux !

Une reprise lente, accompagnée d’une disruption technologique arrivant à maturité juste au moment opportun, voilà ce qui attend le trafic aérien.

Alors que l’aéroport de Lyon St-Exupéry vient d’annoncer un investissement massif pour accueillir les premiers avions à propulsion à hydrogène, il convient de faire en sorte que le but de l’initiative 163 acceptée par le peuple genevois soit source d’incitation à des investissements importants dans les nouvelles technologies propres et silencieuses, caractéristiques de l’aviation de demain. Que Genève Aéroport soit précurseur en la matière !

Philippe MEYER
philippe.meyer@premiairclassetv.com
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